LES TRESORS CACHES

Il conseillait à une secrétaire coquette un CD de Tim Buckley et le ‘Dusty in Memphis’ édition De Luxe, deux CD achetés pour la CDthèque du CE et soldés 1 euro pour faire de la place. J’ai senti l’homme de goût, alors je lui ai mis dans les pattes l’anthologie des Left Banke, ‘Present tense’ de Sagittarius, une compilation des High Llamas, ‘Crooked rain’ de Pavement, ‘Ege Bamyasi’ de Can, deux Animal Collective, un The Coral et un Midlake qui traînaient, la compilation ‘In the beginning there was rythm’ de Soul Jazz records … 

Maintenant j’attends de savoir ce qu’il en pense. Je crois que je serais assez pénible, comme disquaire.  

Sur ‘La Baie’ (‘Corps et armes’, 2000), Jérôme Soligny marie le ‘Walk on by’ de Bacharach - David et le ‘God only knows’ des Beach Boys comme on créé un parfum, puis Etienne Daho pose des paroles d’une évidence cruelle pour qui a un jour envie d’écrire une chanson en français. Et c’est chaque fois pareil, les larmes qui montent, je ne sais pas pourquoi. 

(Source : Spotify)

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Keith Paul and the G.T. Boom Band

—GT Boom Band - my life my music and me 08

Ils sont arrivés avec un cabas à roulette, d’où ils ont sorti un carton rempli de 45 tours et une petite pile de 33. Daniel a regardé les 45 tours, sans rien laisser paraître, puis les 33 tours et il leur a aimablement dit ‘non’. Le vieux ne semblait rien espérer depuis le début mais la dame, piquée, a répliqué que maintenant, les vinyles, ça valait cher, et qu’ils l’avaient encore entendu le matin à la TV. Un client est intervenu pour dire que d’accord, certains Johnny pouvaient encore avoir de la valeur (et il montrait un vinyl replica CD du ‘Soleil se lève à l’Est’ qu’il était en train d’acheter), des Beatles, à la rigueur, mais qu’ils feraient mieux de tout laisser à la paroisse du coin.

J’écoutais leur conversation, avec à la main un disque ‘Bienvenue en Guadeloupe’ offert par l’office départemental du tourisme que je m’apprêtais à payer 5 euros. Il contenait en fait l’album de Keith Paul and the G.T Boom Band, qui s’est avéré aussi excellent qu’espéré. Et j’ai regretté de ne pas avoir moi-même jeté un coup d’œil à leur lot, car tu ne vois pas tout, daniel.

Je me suis souvent dit que le bon goût était un frein à la création musicale. Je crois que Jean-Pierre Massiera n’a jamais eu ce problème.

Sur Turn radio on, une balade dans la disco et le synthétique, réalisée en 76 avec son complice Bernard Torelli, il se perd un instant chez Rondo Veneziano (des années avant leur création), ose le musette et la flûte indienne. C’est parfois effrayant, d’un mauvais goût excitant.

Sur Turn radio on, on ne s’ennuie jamais et même la disco peut faire penser aux Tindersticks qui reprendraient Shaft.

Un soir de 74 Jacky Samson et Charles Saudrais ont fait une infidélité à Georges Arvanitas. Ils ont accompagné Marco di Marco, un pianiste italien, dans un club parisien. Ce soir là, il y avait aussi un américain, Chris Woods, pour tenir le Sax. Ils ont appelé l’album ‘Together in Paris’ et l’ont ouvert avec ‘Bossa with regards’. 

je lis le dos de pochette de la réédition de ‘Soul Jazz’ du Georges Arvanitas quintet. Je ne suis pas certain que la réédition de Vadim égale la qualité sonore de l’original, je ne le saurai sans doute jamais, à moins d’un coup de chance :  sur ebay l’original se vend plusieurs centaines d’euros.

Le nom d’Arvanitas n’est pas forcément très connu, même des amateurs de Jazz. Le monde entier l’a pourtant entendu jouer de l’orgue sur ‘Je t’aime moi non plus’. A côté des sessions de studio pour les vedettes de la variété, il a écumé les clubs avec sa section rythmique - Jacky Samson, Charles Saudrais -  et enregistré de rares albums sous son nom, dont cette relecture de Porgy and Bess pour l’obscur label Afa. 

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—Michel Legrand - Un Homme Est Mort

Michel Legrand est parfois limite méchant.

Culte et introuvable dans son édition originale, le 45 tours a été réédité par Vadim Music qui solde avant de renaître sous une autre forme. 

Marcos valle n’est pas resté longtemps agrippé aux basques de la Bossa Nova. A la fin des années 60, il regarde ailleurs, vers l’Europe. ‘Mustang Cor de Sangue’ a quelque chose du Gainsbourg de la même époque, avec Arthur Greenslade, David Whitaker ou Michel Colombier. Le monde artistique brésilien se déchire sur fond de dictature, entre Tropicalistes, rockers pour jeunes et chanteurs à textes, Marcos Valle s’en fout, lui il est pop. 

(Source : Spotify)

Et Os grilos dans une version moins suave : Eumir Deodato à l’orgue avec ses Os Catedraticos, en 1965.